L’inaptitude au bonheur

bonheurLe bonheur, nous y avons droit, c’est même un devoir, lit-on un peu partout. Pourtant, en dépit de ces recommandations, l’atteindre reste pour beaucoup source de conflit. Ne rencontrons nous pas dans notre entourage ce profil de personne ayant une vie stable et équilibrée et ressentent malgré tout une certaine lassitude, mélancolie et même de la tristesse sans raisons objectives.
Lors d’une de mes consultations Sandrine, programmatrice en informatique de 30 ans (nom modifie) me confie : « J’ai un boulot intéressant, pas de soucis financiers, un toit, un mari qui tente tout pour me rendre heureuse. Je n’y arrive pas, car il y a trop de gens dans la misère ».
Elle se sent d’autant plus coupable que, sur cette planète, les personnes qui dorment dehors et ne mangent pas à leur faim sont nombreux. Mais s’interdire d’être heureux ne réconfortera pas, ne donnera pas un toit ou du pain aux pauvres .Ce sentiment de culpabilité par rapport à la misère du monde n’est en réalité qu’un subterfuge pour justifier le mal être ressenti. Il faut savoir que ce ressenti peut aussi être le signe avant-coureur d’une dépression ou d’une bonne déprime. Surtout si la personne éprouve un vide intérieur, l’envie de rien, si sa pensée, ses gestes sont ralentis, si elle souffre d’insomnie. Nous avons tendance à considérer que l’inaptitude au bonheur, la culpabilité et la déprime sont forcément des symptômes pathologiques à éliminer au plus vite. La plainte qu’elles véhiculent mérite pourtant d’être écoutée. « J’ai tout pour être heureux, mais je ne le suis pas » marque l’amorce d’un questionnement plus lucide, plus mature sur soi : « Qui suis-je ? Que me faut-il réellement ? »
Sandrine n’est pas la seule, beaucoup me confient « je ne manque de rien mais ma vie est un fardeau. Je me sens inapte au bonheur », mais aussi : « Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à être heureuse ? Est-ce à cause d’une existence trop monotone ? D’un idéal de vie trop élevé ? N’est-ce pas parce que l’on voudrait toujours plus ? »Ou encore une mère de famille débordée, qui se gâche vraisemblablement la vie en raison d’un sentiment de culpabilité la poussant à s’interdire l’accès au plaisir de vivre. C’est d’ailleurs la principale cause d’inaptitude au bonheur.
Chaque histoire, chaque existence est singulière, naturellement ; pourtant nous constatons souvent que, presque toujours, cette culpabilité qui empêche le bonheur date de la petite enfance. Elle est particulièrement fréquente chez les enfants non désirés ou ceux qui sont élevés par des parents hyper exigeants. Dès leurs premières années, se sentant en trop, manquant d’estime de soi, ils se sont efforcés de satisfaire prioritairem
ent les besoins de leur entourage, sans jamais s’autoriser à penser à leur propre bien-être. Dans l’espoir d’être aimés, ils se sont en quelque sorte conditionnés à s’oublier, à vivre pour les autres. Comment pourraient-ils être heureux, même dans le plus beau château de l’univers ?
L’inaptitude au bonheur est fréquente également chez les enfants de parents dépressifs. Ils grandissent dans une atmosphère pesante, morose, entre un père et une mère qui voient le monde à travers des lunettes noires et leur transmettent cette vision de l’existence, sans relief ni couleurs. Ils se sentent coupables de leurs élans de joie, car ils ont la pénible sensation de jouer les trouble-fête dans cette ambiance de silence et de grisaille. Et peu à peu s’éteignent. Le phénomène est amplifié si, de surcroît, les parents manifestent des tendances superstitieuses : « Ne te réjouis pas trop vite, dissimule ta joie, sinon le malheur te guette. » La maison est toujours susceptible de brûler, la voiture d’être accidentée, l’être cher de mourir, etc…
Cette inaptitude au bonheur est la résultante de valeurs et de croyances erronées. Eléments a rétablir afin de s’autoriser a être heureux.

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